17.03.22
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Google a du soucis à se faire. Côté pile, nous avons l’épineuse question du respect des RGPD et la mise en demeure par la CNIL de plusieurs sites utilisant GA. Côté face, les nombreuses enquêtes pour abus de position dominante, avec, en tête d’affiche l’accord “Jedi Bleu”, passé entre FB et le moteur de recherche. Alors début de la fin ou fin du début ?

Une chasseuse de têtes nous a confié que son cabinet ne recommandait plus aux « HP » (comprendre par là « hauts potentiels ») de candidater chez Google. Alors simples perturbations ou début de la fin pour Google ? 

Google Analytics, un futur en suspens

  • Pour l’Autriche et la France, Google Analytics ne respecte pas le « Privacy Shield » puisque son usage implique de transférer des données vers les Etats-Unis. Un véritable tremblement de terre quand on sait que 70% des sites français utilisent la solution de mesure d’audience de Google. 75% au niveau mondial. 
  • Les solutions pour les entreprises ? L’anonymisation des données et le paramétrage de GA pour qu’il soit conforme au RGPD. Plus facile à dire qu’à faire. Alternative n°2 : le recours à d’autres outils. Une aubaine pour les concurrents de GA qui voient leurs clients se multiplier. 
  • Alors, quid du futur de Google Analytics ? C’est le débat qui divise juristes et pro de la tech. Si, pour certains, l’outil est voué à disparaître et n’est que « le commencement du démantèlement de Google », pour d’autres, quelques modifications de l’outil devraient lui permettre de vivre encore de beaux jours en toute légalité. En tout cas, le géant mise sur l’avenir avec l’avènement de Google Analytics 4.

Jedi Bleu, l'enquête

  • Jedi Bleu, c’est le nom de code de l’accord secret passé entre Google et Facebook révélé en 2020. Selon plusieurs procureurs du pays de l’Oncle Sam grâce à qui le voile a été levé, cet accord avait comme but de dissuader Facebook de se lancer dans l’aventure de la publicité programmatique. Comment ? En lui proposant un traitement préférentiel lui permettant de manipuler les enchères à sa guide et, surtout, à son intérêt. 
  • Des enquêtes pour « abus de position dominante » sont donc en cours aux Etats-Unis et, depuis vendredi 11 mars, en Europe et en Angleterre qui disent « collaborer étroitement » sur le sujet. Les potentielles conséquences ? Une amende allant jusqu’à 10% de leur CA, du temps perdu en bataille judiciaire, une image encore plus écornée. 

La question, toujours sans réponses, de la fin des cookies

  •  Google l’avait annoncé pour fin 2022. C’est décalé pour 2023, sans plus d’informations. Un vrai casse-tête pour les publicitaires et les entreprises qui, sans réelles informations, avancent dans le noir. (On vous rassure, c’est faisable, il suffit de jeter un œil au cas Essity). 

Un virage vers les produits hardware ?

  • Pour le média Protocol, Google s’apprêterait à investir massivement sur les écouteurs. Ce qui met la puce à l’oreille ? Le rachat de 4 entreprises spécialisées dans l’audio : Synaptics qui détient des brevets pour des « casques stéréo équilibrés », Dynosics, spécialiste de l’audio spatial, RevX Technologies qui design des écouteurs qui réduisent les nuisances sonores et Tempow, pro des écouteurs Bluetooth. Ainsi que le recrutement massif de personnalités centrales de l’audio.
  • Avec cette stratégie, Google chercherait à créer un véritable écosystème de produits qui travailleraient ensemble… à la manière d’Apple, de ses Airpods et de sa myriade de produits et autres apps. 
  • Une stratégie risquée quand on sait que, non seulement Google n’a pas un très bon historique quand il s’agit de hardwares, mais qu’en plus, cela pourrait mener à d’autres procès et polémiques, comme c’est le cas actuellement pour la firme créée par Steve Jobs. 

Google semble donc être à la croisée des chemins. Suffisamment pour l’arrêter ? Probablement pas. Mais de quoi secouer le géant. 

Texte initialement publié dans l’édition 144 de Decriiipt. Toutes les deux semaines, recevez dans votre boite mail les décriiiptages de l’actualité CX et marketing. Pour cela, rien de plus simple : il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter ici.