18.08.22
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Après BeReal, 7 autres applications que vous devriez ouvrir | Decriiipt

Depuis l’annonce d’une levée de fonds de 600 millions d’euros et avec un nombre d’utilisateur·ices qui a quadruplé en seulement 6 mois, BeReal fait la une de l’actualité. Pourtant, l’application pourrait n’être qu’un écran de fumée. Au mieux, une envie passagère. Retour sur l’app française et focus sur 7 autres applications qui pourraient vous plaire.

BeReal, le réseau social sans filtre

Créée en 2020,  Bereal est une application 100% française qui se définit comme “l’anti-instagram”. Son but : promouvoir l’authenticité et la réduction des temps d’écran. En janvier 2022, la plateforme comptait 2 millions d’utilisateur·ices. Ils sont 7,9 au moment où nous écrivons ces lignes. Les chiffres semblent donc parler d’eux-mêmes : BeReal serait le réseau tendance. Si bien que les investisseurs ont de grandes ambitions pour la plateforme : dépasser Snapchat.

Tendances de recherches pour“BeReal” depuis un an

Vous avez 2 minutes pour prendre une photo

Le principe de BeReal est simple : une fois par jour vous recevez une notification qui vous informe qu’il est l’heure de prendre une photo. Vous avez ensuite 2 minutes et seulement 3 essais pour passer à l’action. Un temps volontairement court et un nombre de “chances” limité afin de pousser à l’authenticité (en 2mn, pas le temps de se recoiffer ou de trouver la parfaite luminosité). Il ne vous reste plus qu’à envoyer ladite photo à vos ami·es et à découvrir les leurs. Sur le papier, BeReal a donc tout pour réussir. 

Pourquoi on n’y croit pas ?

Dans un excellent article publié sur Wired début août, les journalistes Brooke Erin Duffy et Ysabel Gerrard ne laissent pas beaucoup de chance au réseau social. Selon elles, le problème réside dans le concept de l’application. Se présenter comme “authentique” ne serait tout simplement pas tenable à terme. Et cela pour plusieurs raisons :

1. les rapports entre les individus ne sont pas authentiques. Et encore moins sur les réseaux sociaux. Elles rappellent notamment les travaux du sociologue Erving Goffman qui a formulé, dès les années 50, deux principes fondamentaux. Premier principe : chaque rapport entre une personne et un groupe peut se concevoir comme un moment de mise en scène qui répond à des conventions et des habitudes. Deuxième principe : chacun est amené à apprendre les codes qui régissent les différentes régions pour éviter de créer des ruptures et de mettre en danger le consensus qui s’y pratique.

2. l’obligation de rentabilité de chaque application est contraire au besoin d’authenticité. En particulier, l’obligation d’intégrer des annonceurs sur une plateforme ruine nécessairement toute forme de sincérité. Et on leur souhaite bon courage pour trouver des annonceurs qui auront une approche authentique de la plateforme…

BeReal doit également faire face à une concurrence aux moyens démesurés. Même si la période actuelle a légèrement refroidi les investissements des géants de la tech, il n’en reste pas moins que copier les meilleures fonctionnalités présentes chez les autres n’est pas difficile. Les exemples ne manquent pas. On pense bien sûr à Clubhouse (copié par Greenroom chez Spotify ou les fonctionnalités audio de LinkedIn et Slack), à Snapchat copié par Instagram qui s’est également allégrement inspiré de TikTok avec Reels. D’ailleurs, le lancement de Instagram Duals fin juillet 2022 et de la fonctionnalité « Dual Camera » dans Snapchat en cette rentrée 2022 est déjà une première réponse à la croissance de BeReal.

J’ai toujours cru en l’adage “le bon artiste copie, le grand artiste vole”, donc on est en train de construire Clubhouse dans Slack, en gros.

Stewart Butterfield, fondateur de Slack lors d’un talk sur… Clubhouse !

À l’agence et dans notre entourage, la messe semble en tout cas dite pour BeReal. Alors que les + de 30 ans découvrent en ce moment l’application, les plus jeunes l’ont souvent déjà désinstallée. La plupart, il y a un an. Alors, BeReal, flop en France et succès aux US ? Les chiffres semblent le confirmer : d’après data.ai, la moitié des utilisateur·ices seraient aux USA, 55% pour d’entre eux auraient entre 16 et 24 ans et 43% au-delà de 25. 

Polywork : remplacer le “Personal Branding” de Linkedin par du “Professional Doing”

Polywork, Après BeReal, 7 autres applications que vous devriez ouvrir | Decriiipt

Lancé en avril 2020 par Peter Johnston, Polywork est – soi-disant – le futur réseau social professionnel. Mais attention, la plateforme est très différente de son ancêtre. Pour son fondateur, LinkedIn est une plateforme vieillissante : le réseau professionnel détenu par Microsoft va fêter ses 20 ans cette année. Une éternité dans le monde de la tech. Et Peter Johnston n’est pas du genre à avoir sa langue dans sa poche. Pour lui, “Linkedin ne propose que des CV basiques du XXème siècle et cherche à faire rentrer les gens dans des cases plutôt que de chercher à connaître la vraie personnalité des utilisateurs.” Ça c’est dit. L’ambition de Polywork est donc plutôt simple : s’intéresser moins au CV et aux hard skills qu’à la réelle personnalité des individus. La plateforme fonctionne via des badges qui définissent à la fois votre personnalité et vos activités pros afin de mieux vous définir en tant que personne. Fini les likes et la course à la popularité, ici on discute et on débat sans pression… et sans interruptions de personnes que l’on ne connaît pas. Polywork ayant limité les sollicitations intempestives en réduisant le nombre de notifications, de recommandations, et de MP. 

Notre avis sur Polywork

Polywork reste très peu utilisé en France. À la fois par manque de visibilité et par une prise en main nettement moins intuitive que sur LinkedIn. Son univers visuel, très particulier, ravira certaines professions (architecture, design, pub…), mais qui en rebutera sans doute beaucoup d’autres. #QuitteOuDouble

Shares, l’app sociale qui démystifie la finance

Shares, l'app sociale pour investir entre potes | Après BeReal, 7 autres applications que vous devriez ouvrir | Decriiipt

Né au Royaume-Uni, de fondateurs Français, Shares est une application sociale d’investissement. Son but : nous permettre d’investir avec nos potes. Shares se définit en effet comme une app de trading certes, mais surtout comme un réseau social pour parler investissement, crypos, se donner des tips et des conseils. Pour Benjamin Chemla, l’un des cofondateurs :

“Il y a eu plusieurs générations de plateformes de trading. D’abord la génération Robinhood, Trade Republic et dont eToro fait un peu partie. Elles ont eu un rôle fantastique, qui est celui de la démocratisation de la finance. Elles introduisent les actions fractionnées et l’absence de commission. Ce qui n’existait pas aujourd’hui, c’était une plateforme qui permette à des groupes d’amis d’échanger et de collaborer pour établir des stratégies, puis d’investir.”

Il va plus loin dans un article de Maddyness en expliquant que, avec Shares : ”réaliser une opération devient un événement, qu’on peut partager à différentes listes d’individus. On peut tout aussi bien diffuser l’information auprès de ses amis proches que la garder confidentielle”. Et pour l’instant, la vie est plutôt rose pour ce jeune réseau : 35,8 millions d’euros levés en série A, seulement cinq mois après un bel amorçage de 8,5 millions d’euros. Des fonds non négligeables qui devraient leur permettre d’atteindre leur objectif : devenir, dans 3 ans, l’un des acteurs majeurs de l’investissement mondial. 

Notre avis sur Shares

Même si les objectifs sont énormes, on y croit beaucoup ! L’équipe derrière Shares est très solide et l’application répond à une évolution de la façon d’investir. On a hâte de voir la suite ! 

Yubo : le tinder des ados

Yubo, le tinder des ados | Après BeReal, 7 autres applications que vous devriez ouvrir | Decriiipt

Lancée en 2015 par trois anciens étudiants français en ingénierie dans deux grandes écoles du pôle technologique Paris-Saclay, CentraleSupélec et Télécom, Yubo compte aujourd’hui 60 millions d’utilisateur·ices dont 16 millions aux Etats-Unis, son plus gros marché. Et c’est surtout le cœur de la gen Z que l’app a su conquérir : 96% des utilisateurs ont entre 13 et 18 ans. Mais c’est quoi au juste ? Sacha Lazimi, son cofondateur décrit Yubo comme “une plateforme sociale designée pour la génération Z, qui leur permet de socialiser en ligne en prenant le meilleur des interactions de la vie réelle et en y ajoutant le pouvoir de la technologie”.  Autrement dit Yubo n’est pas une app de découverte façon TikTok ou Insta. Elle permet par contre de créer des groupes de discussion vidéo en temps réel, composés de 10 membres max. Une des fonctionnalités les plus connues reste le système de swipe façon Tinder, où les profils défilent et la possibilité de démarrer une discussion avec ceux qui nous intéressent. 

Notre avis sur Yubo 

Même si Yubo va moins vite que ses concurrents, l’application a trouvé sa place. Néanmoins, elle est surveillée de près par le législateur américain suite à plusieurs mésaventures. Pour nous, c’est du 50/50.

Poparazzi, le réseau pour paparazzier ses potes

Poparazzi, le réseaux qui permet de paparazzier ses potes | Decriiipt

En tête de l’App Store états-unien depuis mai, Poparazzi est le réseau qui interdit les selfies. Fini les comptes Instagram savamment pensés, à l’aesthetic parfaitement maîtrisée. Sur Poparazzi, votre compte est alimenté par des photos de vous, mais prises par vos ami·es. Un concept intéressant qui pose tout de même la question du consentement et de la vie privée. Pour y répondre, l’application a tout de même laissé la possibilité de supprimer du profil les photos qui ne vous plairaient pas et de créer un compte privé. Mais il reste un souci : pour s’inscrire sur l’application le numéro de téléphone est obligatoire ainsi que l’accès à tous vos contacts. 

Notre avis sur Poparazzi

Le concept est malin et très en accord avec les codes sociaux. À l’inverse de nombreuses autres applications sociales, il ne cherche pas à construire des giga-communautés, mais plutôt de petits groupes de “vrai·es” ami·es. Même si l’app a très vite décollé lors de son lancement en mai 2021 pour décroître légèrement par la suite, on reste intéressé par son approche. Une bonne note ! Le seul gros point noir : la question de la vie privée et celle du consentement sur laquelle le réseau doit encore se muscler. 

Tendances de recherches pour Poparazzi depuis un an

LinkMe, le réseau des réseaux sociaux

LinkMe, le réseau des réseaux sociaux | Decriiipt

Sur LinkMe, vous pouvez réunir tous vos profils de vos différents réseaux sociaux pour mieux vous y retrouver. Le partage de vos profils est alors plus simple grâce à l’aide d’un QR code. Vous pouvez également chercher de nouvelles personnes directement sur l’application et découvrir les connaissances que vous avez en commun avec vos ami·es. Il est même possible d’envoyer des photos, des vidéos et des messages directement sur l’application. Si cette plateforme marche bien aux États-Unis depuis sa création en août 2021, c’est seulement depuis cet été que LinkMe se fait un nom en France. Le blogueur Aquababe a installé la plateforme et a demandé à sa communauté de le rejoindre, ce qui lui a donné un bon coup de pouce. 

Notre avis sur LinkMe 

LinkMe est davantage un outil utile qu’un réel réseau social. Néanmoins, son UX a tout pour le faire réussir.

Supernova, le réseau social solidaire 

Supernova, le réseau social solidaire | Decriiipt

Supernova se veut une alternative plus solidaire et éthique aux réseaux traditionnels. Ici, chaque interaction permet de donner de l’argent à des associations caritatives. Concrètement, comment ça fonctionne ? Comme n’importe quel réseau social. Vous vous inscrivez, vous créez un profil et c’est parti. Seul petit détail qui change (et pas des moindres), il faut choisir une cause à soutenir parmi les associations partenaires. C’est à partir de ce choix que les fonds récoltés iront à la cause défendue. 60 % des revenus publicitaires sont ainsi répartis pour les associations choisies.

Notre avis sur Supernova 

À regarder de (très, très) près !

TikTok débarque dans vos écouteurs avec TikTok Music

C’est Business Insider qui a révélé l’info : TikTok a déposé le nom “TikTok Music”. Un document qui ne fait pas de secret du nouveau plan du réseau de ByteDance : se faire une place au soleil dans le monde du streaming musical. Cette annonce provoque logiquement un réel séisme dans ce monde et fait trembler Spotify, Deezer et Apple Music. D’autant que la nouvelle branche du mastodonte chinois ne va pas se contenter de permettre l’écoute, l’achat, le téléchargement ou le partage de la musique. Elle compte bien garder son ADN en proposant la possibilité de commenter les musiques et les albums, de partager des livestreams et d’uploader des covers. La récente fonctionnalité (encore en test) de Spotify pour enregistrer des réactions audio à des morceaux serait-elle la première offensive à cette bataille qui ne manquera pas d’être sanglante ? 

Notre avis sur TikTok Music

175 des musiques apparues dans le magazine américain Billboard sont des musiques utilisées sur TikTok. La génération Z en est le parfait exemple : 67% d’entre eux disent découvrir leurs nouveaux tubes sur la plateforme. Sachant que celle-ci a déjà noué des partenariats avec un très grand nombre d’artistes et de maisons de disque et qu’elle constitue la 1ère appli de promotion musicale, les acteurs du streaming musical ont de quoi s’inquiéter. Autrement dit : a change is gonna come. Préparez-vous.