22.02.23
19 MIN
In ou out : les tendances et prédictions marketing et communication de 2023 | Decriiipt

Chaque année, c’est la même chanson. Fin décembre, on fait les récaps. Les articles “ce qu’il fallait retenir de cette année” pullulent. Puis, dès les douze coups de minuit le 31, c’est le moment des vœux. Enfin, quand le premier mois de l’année tire sa révérence pour laisser sa place au court mois de février, il est temps de sortir les boules de cristal et de jouer les Madame Irma. 

Nous ne faisons pas exception à la règle. Après vous avoir partagé notre article récap de 2022, vous avoir présenté nos vœux, nous tirons les cartes pour prédire l’avenir… façon Decriiipt. C’est-à-dire : 

  • Sans enfoncer des portes ouvertes
  • Sans vous répéter ce que vous savez déjà (a-t-on réellement besoin en 2023 de vous dire de miser sur les vidéos courtes ? Ou de favoriser l’UGC ?).
  • En décryptant réellement les tendances et en vous expliquant, concrètement, comment les appliquer.

Qui a dit que les prédictions devaient rimer avec charlatanisme ? 

Ce qui va disparaître en 2023

Thank u, next. Ce qui va disparaître en 2023 et ne nécessite pas que vous perdiez votre temps cette année. 

BeReal

On vous l’a dit en aoûtBeReal, on n’y croit pas. En cause : le concept de l’application. En 2023, comme en 2022, se présenter comme une app authentique n’est pas viable. La faute, d’une part, aux rapports entre individus qui manquent eux-mêmes d’authenticité (ça c’est Erving Goffman qui le dit). De l’autre, à l’obligation de rentabilité qui implique d’inclure des annonceurs. Ce qui va à l’encontre même du principe. 

Si on garde en tête ces deux postulats, l’avenir de BeReal ne s’annonce pas radieux. Selon une étude datant d’octobre 2022, seuls 9% des utilisateur·ices postent leur première photo. Un chiffre qui pourrait paraître anodin s’il n’était pas suivi de ceux-ci : 

  • Près de 9 utilisateur·ices sur 10 souhaitent pouvoir éditer leurs photos (86,40%). 
  • Ils sont seulement 2 sur 10 (20,46%) à considérer l’authenticité comme l’un des avantages de l’app. Soit presque autant que celleux qui considèrent que son attrait principal est d’être tendance (17,05%). 
  • Et, enfin, coup fatal : 53,8% des utilisateur·ices attendent de faire quelque chose d’intéressant pour publier.
(Graphique) Les utilisateurs postent sur BeReal : - 53,8% quand ils font quelque chose d'intéressant. - 14,4% quand ils veulent voir le post de quelqu'un d'autre - 30,2% quand la notification apparaît Source : sortlist

Par ailleurs, les quelques marques ayant, pour le moment, tenté une petite incursion du côté de BeReal (Chipotle, Vrai, e.l.f) se sont très vite heurtées à un certain nombre d’obstacles. Le premier et principal : que produire pour conserver le côté authentique ? Si certains blogs se sont emparés de la question en proposant des formats (ce qu’il faut retenir : montrez des humains – qu’il s’agisse de vos employé·es ou de vos client·es + proposez des codes promos), se pose ensuite la question de la diffusion. Un problème notamment soulevé par Wiz Khalifa, le rappeur qui résume parfaitement la situation : 

“Yo BeReal, est-ce qu’on pourrait avoir un bouton “accepter toutes les demandes d’ami·es”, car un mec comme moi n’a pas le temps de passer en revue toutes les demandes unes par une pour les accepter individuellement”. – pour la modestie, on repassera 

Ce à quoi l’application s’est contentée de répondre “essayez de n’utiliser BeReal qu’avec vos amis, vous verrez”. Le message est donc clair : la plateforme n’a pas prévu de revoir ses conditions ni pour les stars, ni pour les marques. Ainsi, il est désormais impossible de suivre les marques précédemment citées car celles-ci ont des listes d’ajout trop longues… 

Autrement dit, si BeReal n’interdit pas les marques, elle ne facilite en aucun cas leur présence. Le terrain potentiel est donc plus que glissant pour les entreprises qui souhaiteraient s’y lancer. Une stratégie audacieuse mais risquée également du côté du jeune réseau social car, sans publicité et sans marques, celui-ci risque bien de voir son business model s’affoler. On rappelle tout de même au passage que même Netflix, qui promettait et jurait par tous les grands dieux ne jamais recourir à la publicité a fini par s’y plier… 

If BeReal is to revive its popularity, it will need to increase its appeal to creators and brands.Without that, the lack of regular external investment and the dearth of variation in content will gradually squeeze BeReal out of the social media landscape.

Ed East, fondateur et CEO de Billion Dollar Boy pour Digiday

Marche arrière pour le métavers

Nike, Adidas, Chipotle, L’Oréal, Lego, Balenciaga… En 2022, les marques ont fait la course au métavers. Sauf qu’à force de courir, elles se sont essoufflées. Tout comme les principaux acteurs du secteur ainsi que les investisseurs. 

Chez Meta, acteur le plus vocal dans la conquête du métavers, l’année est mauvaise : l’entreprise de Zuckerberg a perdu 60% de sa valeur marchande. La faute à l’inflation et à la concurrence de son pire ennemi TikTok, mais pas que. Pour un certain nombre d’analystes financiers, le virage – très rapide – vers le métavers, a entraîné une rupture de la confiance, déjà fragilisée par les nombreux scandales, entre Meta et ses investisseurs. Par ailleurs, la stratégie du “très fort, très vite”, s’est, sans grande surprise, heurtée à un mur. Si l’entreprise commençait l’année en recrutant plus de 10 000 personnes pour opérer ce virage, elle la termine en se séparant d’autant de personnes. Quant aux premier·es usager·es de Horizon Worlds, ils semblent plus que mitigés : critiquant aussi bien les graphismes que le fonctionnement même du projet. Résultat : sur les 500 000 utilisateur·ices initialement espérées, Meta peine à en recruter 200 000

Si bien que le roi autoproclamé à lui-même laissé sous-entendre que le métavers ne sera pas rentable avant 2030… au plus tôt

Pour autant, Zuckerberg n’en démord pas et continue ses investissements… quitte à avancer seul pendant encore quelques années. Car si les investisseurs se détournent déjà, du côté des usagers, le marché est encore loin d’être mûr. S’ils sont de plus en plus nombreux·ses à connaître le principe (76% des Français en octobre 2022 vs 56% en février), ils sont encore majoritairement méfiants, notamment en ce qui concerne la sécurité des données personnelles et la menace d’addiction et/ou de cyberharcèlement.

Enfin, au-delà du potentiel intérêt, le sujet de l’équipement demeure. Le casque de VR reste un produit de niche. Surtout, un produit non essentiel dans un contexte d’inflation élevée. Cela s’est logiquement répercuté sur les ventes. Selon les analystes de CCS Insights, entre 2021 et 2022, les ventes de casques VR se sont écroulées de 12% dans le monde. D’autant qu’avec la pénurie des métaux rares et l’inflation, le prix du casque en lui-même a lui aussi augmenté d’une centaine d’euros en moyenne. Et les prévisions pour cette nouvelle année ne devraient pas être bien meilleures… 

L’inflation a frappé les budgets des consommateurs sur de nombreux marchés majeurs cette année, et certaines personnes, qui, dans de meilleures circonstances, auraient acheté un casque de réalité virtuelle cette année, ont reporté leur achat.

Marina Koytcheva, analyste chez CCS Insight

Pour le cabinet, il faudra attendre au moins 2024 pour que les ventes augmentent et voir une adoption des objets liés à la VR et AR. Une adoption qui devrait être portée par le développement des lunettes (moins encombrantes que le casque) et l’arrivée d’acteurs bien établis comme Apple. 

Il s’agira alors de miser plus sur la VR et l’AR que sur le métavers, dont le développement reste, pour le moment du moins, encore à ses balbutiements. 

L’influence à tort et à travers 

Selon un sondage réalisé par 20 Minutes en partenariat avec Opinion Way, 56% des Français·es de 18 à 30 ans, considèrent les influenceur·ses comme “des charlatans qui trompent leurs followers pour gagner de l’argent”. La couleur est annoncée. Ils sont par ailleurs 70% à “ne pas s’intéresser à leurs conseils, routines”, 30% à “prendre 2-3 trucs à droite et à gauche” et 0% à suivre leurs conseils assidûment. 

La fin de l’influence aurait-elle sonné ? La réponse est plus compliquée qu’il n’y paraît. Pour la faire courte, pour l’influence façon Magali Berdah oui. Pour les autres formes non. En somme, nous entrons petit à petit dans une ère de l’influence raisonnée, une influence de l’âge adulte. Professionnalisée et encadrée par des règles. 
L’année a ainsi commencé avec le communiqué de presse de la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF). Elle y annonçait avoir, depuis 2021, mené des enquêtes sur “plus d’une soixantaine d’influenceurs disposant d’un nombre très significatif d’abonnés, actifs dans la promotion de produits et services ou faisant l’objet de signalement par les consommateurs”. Parmi eux, 60% présentaient des anomalies allant de l’omission de l’intention publicitaire à la promotion illégale de pratiques médicales en passant par l’organisation de jeux concours illégaux ou de la mise en avant de sites de conseil en paris sportifs.

En parallèle, la pratique des influenceurs fait l’objet de discussions politique. Plusieurs projets de loi, portés par différents partis, doivent être examinés dès mars afin d’encadrer plus en détail le périmètre de l’influence, voire même, définir un statut juridique spécial. 

C’est un phénomène qui a explosé au grand jour récemment et qui a permis de se rendre compte de l’ampleur des arnaques. On est donc beaucoup à s’être dit qu’il fallait vite faire quelque chose.

Aurélien Taché, député du Val-d’Oise (écologiste) auteur de la première proposition de loi.

Dans le même temps, une grande consultation citoyenne s’est tenue en ligne du 8 au 31 janvier pour construire un code de bonne conduite de l’influence. 18 974 personnes ont ainsi pris part à la discussion sur la base des 11 mesures, réparties en 4 thématiques (droits et obligations des influenceur·ses, protection des consommateur·ices, gouvernance du secteur et propriété intellectuelle) portée par le gouvernement sur la base de leurs échanges avec les différents acteurs du secteur en décembre

Si les conclusions ne seront partagées que vers la mi-mars, les résultats semblent déjà aller dans le sens d’une intervention forte de l’État. Ainsi, selon les résultats partagés par le Huffington Post

  • 53,4% des répondant·es estiment prioritaire d’établir une définition légale de l’influenceur et de son agent, 
  • 66% que les obligations légales entre l’influenceur et la marque doivent être renforcées. 
  • 85,9% se disent pour l’interdiction de certains produits et services 
  • 57,6% pour l’obligation d’avoir une mention si une photo est retouchée. 

L’année 2023 devra donc être charnière pour l’encadrement de la pratique. On rappelle, au passage, que des chartes tentant de rendre plus transparents les liens entre influenceurs et marques existent déjà. Certaines sont créées par des créateur·ices de contenus eux-mêmes, c’est notamment le cas de celle du collectif “Paye ton influence” et “À quand demain”. D’autres le sont par les plateformes à l’image de Pinterest, par des agences comme Woô ou encore par des syndicats ou des associations comme le SCRP (Syndicat du Conseil en Relations Publics) ou celle de l’UFC que choisir. Des démarches qui se font de plus en plus nombreuses et qui rencontrent un fort succès : depuis son lancement il y a un peu moins de deux ans, plus de 450 influenceur·ses ont obtenu le certificat de l’influence responsable de l’ARPP. En décembre 2022, ils étaient par ailleurs plus d’une vingtaine à s’y inscrire chaque semaine. Il faut dire que pour les agences d’influence comme pour les marques, ce label devient un véritable bonus… qui se transforme parfois en condition obligatoire. Ainsi l’Oréal, le Club Med ou le groupe BEL (Babybel, Boursin…) ont fait de l’obtention de cette certification une condition sine qua none à un partenariat. Une démarche que bon nombre de marques devraient être tentées de suivre.

‘Il y a un enjeu de réputation pour les marques, qui ont tout intérêt à coopérer avec des influenceurs qui maîtrisent un socle de règles déontologiques. Les marques sont vraiment à la recherche du sérieux affiché par une forme de label.

Mohamed Mansouri, directeur délégué de l’ARPP pour Usbek & Rica

On continue en 2023

Si vous n’y avez pas consacré du temps en 2022, il est temps de le faire en 2023. Si vous y avez consacré du temps en 2022, continuez en 2023. 

Dernière ligne droite avant la fin des cookies tiers

Initialement prévue pour 2022, reportée à fin 2023 puis, en juillet, à la mi-2024, la fin des cookies ne cesse d’être décalée dans le temps. Pour autant, ne vous faites pas d’illusions : elle arrive

Timeline de l’avancée du projet Google Privacy Sandbox 

Avec une date qui n’a de cesse d’être repoussée et des solutions qui manquent, pour l’instant, de clarté on peut être tenté de remettre le sujet à plus tard. À ton vraiment besoin de vous dire que cela ne doit en aucun cas être le cas ?

S’il fallait finir de vous convaincre, on ne citera que ces chiffres du Digital News Report : 50% des Français·es refusent les cookies, 43% sont inquiets quant à l’usage de leur data et 36% préfèrent naviguer de manière incognito.

Alors, quelles pistes sont à envisager / creuser cette année ?

  1. Miser sur la data first party. Celle qui vous appartient et vous permet d’être indépendant. C’est le nerf de la guerre. De plus en plus de solutions sont mises en place pour vous permettre de la récolter et, surtout, d’apprendre à la traiter. Notamment via des plateformes de données clients (CDP) ou via le log qui permet ensuite, grâce aux données CRM, de personnaliser l’expérience.
  2. Garder un oeil sur les propositions alternatives. À l’image de l’alternative déployée par Auchan avec Jellyfish et Prisma Media ou des solutions de data clean rooms. 

🔎 Pour en savoir plus sur comment mener une stratégie de log, écoutez l’épisode de Flashback avec Emmanuel Alix, directeur du pôle numérique de L’Équipe. 

GAFAM vs le reste du monde 

C’est un feuilleton digne des plus grands films hollywoodiens et qui contient encore plus de rebondissements que les quelque 12 000 épisodes des Feux de l’amour : la bataille juridique autour des GAFAM. 

En 2022, la CNIL a ainsi prononcé 147 mises en demeure contre 135 en 2021 et à peine une cinquantaine les années précédentes. Celles-ci visaient en particulier les GAFAM : 8 millions d’euros d’amende pour Apple et 60 millions d’euros pour Microsoft sur le seul mois de décembre. Et le garant des libertés et de la vie privée n’a pas l’air d’avoir prévu de ralentir la cadence en 2023. Dès le 12 janvier il a ainsi prononcé sa première sanction à l’encontre de TikTok pour manquements à des obligations autour des cookies publicitaires. Obtenant un joli chèque de 5 millions d’euros. 

Une démarche qui s’inscrit au niveau européen. Pour rappel, l’UE a validé en 2022 deux textes cruciaux : le DMA et le DSA. Le premier devrait être instauré dès mai pour les géants, rebattant potentiellement l’ensemble des cartes des investissements médias. 

Par ailleurs, si les Etats-Unis et l’UE ont trouvé un accord de principe concernant le Privacy Shield, celui-ci est déjà décrié par un certain nombre d’expert·es. Laissant donc la porte ouverte à de nouvelles modifications auxquelles il faudra être particulièrement attentif sous peine de se voir affligé d’une jolie amende. Outre-Atlantique, la question de l’immunité judiciaire des GAFAM est portée en ce début d’année jusqu’à la plus haute instance du pays : la Cour Suprême. Un événement historique qui tente de répondre à une question qui fait débat depuis plus de 15 ans dans le monde du web : « les plateformes sont-elles responsables du contenu posté par les utilisateur·ices ? ». Les juges doivent se déclarer le 30 juin.

Le podcast et la newsletter : toujours et encore 

Loin d’être morts, plus vivants que jamais. 

Zoom sur le podcast 

C’était l’info du début d’année. Entre 2020 et 2022, le nombre de nouveaux podcasts s’est effondré de 80%

Nombre de nouveaux podcasts chaque année

Il n’en fallait pas plus pour que de mauvais oracles s’empressent d’annoncer la fin du média. Citant, pour appuyer leurs propos, la 4ème édition de l’étude “Les Français·es et le podcast natif” d’octobre 2021 dans laquelle on apprenait que le nombre d’auditeur·ices était en légère baisse. 

Alors, est-ce la fin du podcast ? Certainement pas. Comme nous vous l’expliquions dans notre article dédié au Paris Podcast Festival : si le nombre d’oreilles et même le nombre de podcasts est en baisse, l’engagement, lui, est en hausse. Toujours selon l’étude “Les Français·es et le podcast natif” : 7 auditeur·ices hebdomadaires sur 10 affirment avoir augmenté leur consommation de podcast. La moitié prévoit de le faire dans les 6 prochains mois. Par ailleurs, pour 79% de l’auditorat, le podcast est une habitude ancrée dans le quotidien.

Cette baisse du nombre de podcasts est plutôt le présage d’une entrée dans l’ère de raison. Ces trois dernières années, lancer un podcast a été l’ambition de nombre de créateur·ices de contenus comme des marques. Car le marché contient peu de barrières à l’entrée, qu’il était considéré comme innovant et que, comme pour les réseaux sociaux, pour exister, il fallait avoir son propre podcast

Sauf que pour les influenceurs comme pour les marques, faire un podcast pour faire un podcast n’est jamais une bonne idée. C’est d’autant plus vrai pour ce média, le contenu y est roi. 

Le podcast nous prend par la main, nous parle dans le creux de l’oreille. Un média sans fioritures, sans image, qui met la voix au coeur de sa proposition éditoriale.

Katia Sanerot, DG de Louie Media, dans l’article « Pourquoi le podcast nous rend addict »

La promesse éditoriale doit donc y être particulièrement forte et le podcast doit s’inscrire dans une stratégie à plus long terme, qui mise plus sur le rayonnement de la marque que la vente à court terme. Pour résumer l’article que nous consacrions à la question : la réussite d’une stratégie podcast dépend de la réunion de plusieurs critères, parmi lesquels : 

  • l’angle éditorial répondant au besoin d’accomplissement
  • l’approche sincère et passionnée
  • l’inscription dans un parcours de découverte ou d’achat
  • l’identification de votre “moment”.

Cela demande donc une motivation sans faille, une réflexion en amont et, surtout… du temps. Un facteur encore trop souvent négligé. De même pour la médiatisation. Un point particulièrement important pour les personnes souhaitant se lancer aujourd’hui, dans un marché hyper concurrentiel où la découvrabilité reste la bête noire des plateformes comme des créateur·ices. L’heure bénite où l’organique était suffisant pour avoir son podcast en top des charts est définitivement passée. En 2023, la création de podcast ne peut se penser sans sa stratégie de médiatisation sous risque de voir rejoindre le grand cimetière des podcasts abandonnés. 

Toutefois, le média reste un jeu qui en vaut largement la chandelle. 88% des auditeur·ices hebdomadaires de podcasts considèrent que le podcast est un bon moyen de communication pour une marque, 83% qu’elle la rend plus intéressante, 81% plus innovante. 

Zoom sur la newsletter 

De la même manière que le podcast, la newsletter est souvent décriée. Pourtant, comme nous vous en parlions dans la 162ème édition de Decriiipt, elle a encore de très beaux jours devant elle. Celle qui se meurt, c’est la trash newsletter, ces mails promotions qui polluent notre boite mail et notre planète qui ne nous apportent aucune valeur ajoutée. En comparaison, les newsletters éditorialisées (souvent différenciées sous le nom “infolettre”) se portent plutôt très bien. Selon le Digital News Report 2022 : 17% de la population mondiale utilise ce canal de manière hebdomadaire. Dans les raisons qui poussent à consommer l’infolettre, quatre semblent être cruciales : 

  1. La praticité du média, que l’on invite directement dans notre boîte mail, l’un des derniers espaces sur le net où l’on a presque totalement le contrôle. (65%) 
  2. La diversité d’opinions, de points de vue et de sujets traités (30%). 
  3. La tonalité de la plume (28%). 
  4. L’exclusivité du contenu (24%). 

Twitch, Discord, Reddit et compagnie : cap vers de nouveaux réseaux sociaux 

Dans la vie, il n’y a pas qu’Instagram ou TikTok. Certains réseaux sociaux, à l’image de Twitch, Discord ou Reddit, dans l’ombre depuis de nombreuses années, semblent enfin prendre leur juste place dans le paysage. Leur point commun : ils misent sur l’aspect communautaire et laissent la place aux créateur·ices de contenus.

En parallèle, de plus en plus de sous-communautés existent dorénavant avec leurs propres réseaux sociaux. Une opportunité de toucher une cible précise de manière intelligente. 

🔎 Pour en savoir plus sur les nouveaux réseaux sociaux à surveiller, rendez-vous ici

Le boom de la seconde main 

Mémé disait : c’est dans les vieux pots que l’on fait la meilleure confiture. Elle avait sûrement vu venir le boom de la seconde main et du reconditionné. Dans son dernier rapport mené avec le Boston Consulting Group, Vestiaire Collective annonce : 

Aujourd’hui, 25% des vestiaires de consommateurs sont composés de seconde main (un chiffre qui devrait atteindre les 27% d’ici 2023. La preuve, s’il en fallait une, que la revente n’a pas encore exploité tout son potentiel.

Rapport BCG x Vestiaire Collective 2022 

Au-delà des avantages pour les consommateur·ices, souvent mis en avant quand on parle de seconde main, le marché du vintage peut constituer une formidable opportunité pour les marques. Toujours selon le rapport : les consommateur·ices sont de plus en plus nombreux·ses à se tourner vers les plateformes de revente pour essayer certaines marques pour la première fois. En 2022, 59% des consommateurs ont découvert une marque en achetant une de leurs pièces par ce biais

Et si cette étude ne s’intéresse qu’au secteur de la mode, il n’y a pas à douter, quand on voit le succès de Back Market le shift de plus en plus d’acteurs technologiques à l’image d’Orange, que celui-ci se vérifie dans d’autres marchés. 

En 2023, il serait donc intéressant de s’intéresser aux manières de participer et d’inclure son entreprise dans cette démarche. 

La fin de la neutralité des marques

C’est une tendance de fond. De celle que l’on retrouve depuis 2016 dans tous les articles tendances de tous les médias. Pourtant, et plus que jamais, les marques sont sommées de prendre position. Une nette accélération avec le déclenchement de la guerre en Ukrainequi a forcé de nombreuses marques, souvent de grands groupes bien installés, à se positionner. Mykhailo Fedorob, vice premier ministre de l’Ukraine et ministre du numérique avait d’ailleurs utilisé Twitter pour s’adresser directement aux entreprises et les inciter à couper leurs liens avec la Russie. Une technique qui avait très vite porté ses fruits. 

Depuis, les consommateur·ices n’ont de cesse d’interpeller les marques et de leur demander d’agir. Si bien que celles-ci prennent de plus en plus les devants, y compris, maintenant des diffuseurs comme YouTube. La plateforme de vidéo a ainsi annoncé, juste après la garde à vue de Norman Thavaud, accusé de viol et de corruption de mineur, la décision de démonétiser ses contenus

Si nous constatons que le comportement d’un créateur, sur YouTube ou en dehors, nuit à nos utilisateurs, à notre communauté, à nos employés ou à notre écosystème, nous prenons alors des mesures supplémentaires pour les protéger.

Déclaration d’un porte-parole de YouTube auprès du journal Le Figaro

Une tendance qui ne devrait pas s’essouffler en 2023. 

On mise dessus en 2023

Oui, on va parler de ChatGPT. 

L’IA et le generative 

Dall-E, MidJourney, DeepDream Generator ou encore ChatGPT sur l’écriture. La fin de l’année 2022 a été marquée par les progrès exponentiels des génératives IA. En un an, celles-ci se sont transformées jusqu’à réussir, aujourd’hui, à produire des textes et des illustrations impressionnantes et de qualité. Au point même que le 1er podcast 100% en IA a déjà vu le jour ! De manière plus anecdotique, Ryan Reynolds lui-même, s’est prêté à l’exercice en réalisant une publicité avec ChatGPT. Son prompt : une blague, un juron et une communication sur la promotion d’hiver de l’opérateur Mint Mobile. Le résultat ? « Étrange » et « légèrement terrifiant », admet-il. C’est bien simple, en ce début 2023, tout le monde, y compris Deadpool, teste les IA génératives. 

Alors, forcément, la question est sur toutes les bouches : les IA vont-elles finir par prendre nos métiers de designers, d’artistes, de rédacteur·ices, journalistes et auteur·ices ? Après plusieurs mois de masterclass, d’articles, de tables-rondes et de podcasts sur le sujet, vous devez déjà savoir que ce n’est pas le cas. Par contre, ce qui est certain c’est que celles-ci deviennent de véritables outils au service de la créativité des équipes. Mais, pour cela, encore faut-il les former. 

Sam Altman, président d’OpenAI lui-même a non seulement appelé à une régulation de l’IA, mais aussi à la prendre pour ce qu’elle est : un illusionniste du sens. Un faiseur, pas un artiste

Il existe donc un enjeu à comprendre le fonctionnement des IA. À s’intéresser à leurs corpus de données. Cela pour pouvoir les utiliser intelligemment au quotidien. En s’assurant de la véracité de ses informations, en sachant faire le tri entre le bon et le mauvais. Comme nous avons appris à le faire avec n’importe quelle source présente sur internet. 

Autrement dit, avant de vous jeter sur les IA : apprenez à les utiliser et prenez vos responsabilités. Comme le dit l’oncle Ben, with great power, comes great responsibilities.